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Bâtiment: l'essor du BIM en Suisse
24.08.2017 | 09:36
La modélisation des données du bâtiment se développe dans la construction et crée de nouveaux besoins en spécialistes

La conception et la construction d’un bâtiment sont en pleine révolution. L’avenir n’est plus aux plans papier ni à la multiplication des réunions de travail physiques entre maîtres d’ouvrage, architectes, ingénieurs, bâtisseurs, etc. Place désormais au BIM (Building information modeling en anglais, ou Modélisation des données du bâtiment, en français). Derrière cet acronyme se trouve une méthode de travail innovante liée à la mise en réseau numérique des informations d’un immeuble.

«Le BIM est un processus de travail collaboratif, explique Lydia Jageneau, cheffe de projet et responsable du développement du BIM au sein d’Induni & Cie SA, l’un des leaders suisses de la construction. Cela consiste en la création de la maquette numérique d’un immeuble qui contient les informations relatives à tous les éléments de celui-ci, maquette sur laquelle toutes les parties prenantes au projet peuvent intervenir pour l’alimenter et partager des informations.»

Gérer la vie d’un bâtiment

Le BIM offre plusieurs avantages: «La maquette numérique permet de documenter et de suivre toute la vie d’un bâtiment; de sa conception à sa construction et à sa livraison, puis à son exploitation, son entretien et sa rénovation, voire jusqu’à sa destruction, indique la spécialiste. La base de données qu’il contient facilite ainsi les échanges d’information et les relations de travail entre professionnels; elle leur fait gagner du temps, leur évite des pertes d’information, des doubles saisies, du début à la fin du projet. On peut également effectuer des simulations virtuelles, comme des études d’implantation, de structure béton, de performance énergétique ou de vieillissement des matériaux, évitant ainsi des erreurs de conception et de construction. Pour le maître d’ouvrage, la maquette numérique aide à la prise de décision, en lui permettant de mieux visualiser, de mieux se projeter dans le bâtiment.»

Nouvelles fonctions

Le développement du BIM entraîne l’apparition, si ce n’est de nouveaux métiers, du moins de nouvelles fonctions, et donc de nouvelles formations (lire aussi l’encadré): BIM modeleur, BIM coordinateur et BIM manager. Le premier réalise la maquette numérique des projets de construction en respectant les règles et les chartes définies par le BIM manager. Le second est l’interlocuteur du BIM manager en entreprise et a pour mission d’assurer la bonne transmission et la mise à jour des données du projet échangées entre les intervenants. Le dernier a un rôle de cadre: il suit tout le chantier à travers la maquette numérique et est le premier référent de toutes les équipes qui travaillent autour du même projet.

«Pour exercer ces métiers, il faut notamment avoir de solides connaissances techniques liées au bâtiment, être à l’aise avec l’informatique, avoir des notions de CAO/DAO (ndlr: conception et dessin assistés par ordinateur), être organisé, consciencieux et rigoureux, indique Lydia Jageneau. Pour elle, c’est sûr, «le BIM offre des débouchés d’avenir».

Cours et formations en Suisse romande

Dans notre région, des écoles d’architecture proposent des cours d’initiation au BIM ainsi que des ateliers interdisciplinaires pour promouvoir les processus collaboratifs BIM (entre divers métiers). Ces modules sont intégrés à la formation initiale d’architecte.

Des cours de formation continue sont aussi dispensés pour les professionnels. C’est le cas du Certificate of advanced studies (CAS) 3D GEO de la Haute Ecole du paysage, d’ingénierie et d’architecture (hepia) de Genève, qui consacre une journée de cours à la thématique du Géo BIM (convergence des technologies BIM et systèmes d’informations géographiques). De son côté, la Haute Ecole d’ingénierie et de gestion du canton de Vaud (HEIG-VD), à Yverdon, propose un CAS en facility management qui intègre les processus BIM.

A noter que quatre grandes écoles de la région se sont associées pour développer la première formation professionnalisante en BIM de Suisse romande. La Haute Ecole d’ingénierie et d’architecture (HEIA-FR) de Fribourg, avec l’hepia, la HEIG-VD et l’Ecole polytechnique fédérale (EPFL), à Lausanne, s’apprêtent à lancer, au début de 2018, un CAS en coordination BIM. La durée du cursus sera d’un semestre. Le nombre de participants est fixé à 18 avec certaines conditions d’admission à remplir (une liste d’attente de préinscription existe déjà).

Le prix n’est pas encore publié, mais devrait être dans la fourchette des prix CAS appliqués par la HES, nous indique le professeur Redouane Boumaref, responsable du CAS en coordination BIM, à l’HEIA-FR. C’est dans cette Haute Ecole que la formation sera principalement délivrée, avec aussi quelques conférences à Genève et à Lausanne.

Fabrice Breithaupt