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en Suisse romande
Près d’un dossier de candidature sur dix comporte de fausses déclarations
En Suisse, deux tiers des dossiers de candidature ne sont pas conformes
07.05.2019 | 10:31
Le nombre de fausses déclarations sur les diplômes et les qualifications est en hausse, révèle l’étude d’une société romande

Lorsqu’ils postulent pour un emploi, certains candidats s’arrangent avec la réalité, voire mentent carrément. Le phénomène n’est pas nouveau et est universel. En Suisse, une étude vient le rappeler, chiffres à l’appui. Aequivalent SA, société vaudoise spécialisée dans le screening (vérification de l ’ intégr i té des personnes engagées; lire le texte ci-dessous), a publié, au début du mois, ses statistiques annuelles pour 2018. L’enquête porte sur un échantillon de 3342 dossiers vérifiés dans le cadre des procédures d’embauche, de mise en conformité ou de sécurité. Elle a été menée dans divers secteurs d’activité (finance, luxe, informatique, sécurité, entre autres).

Titres, finance et réputation
Les conclusions de cette étude font apparaître qu’en Suisse, seuls 40% des dossiers sont conformes intégralement, c’est-à-dire que les déclarations du candidat sont entièrement corroborées par les résultats du screening. Les autres, soit la majorité (60%), ne le sont que partiellement, car présentant une ou plusieurs inexactitudes, à des degrés divers d’importance. Certaines concernent simplement une adresse erronée. Mais d’autres peuvent être plus problématiques. Sept pour cent des dossiers comportent clairement des fausses déclarations. Ainsi, 42% d’entre elles sont liées à l’intégrité financière du candidat (lequel omet de déclarer des poursuites à son encontre ou la mise en faillite d’une société qu’il dirigeait) et 14% à la dissimulation d’activités annexes ou de Fabrice Breithaupt En Suisse, deux tiers des dossiers de candidature ne sont pas conformes conflits d’intérêts. «La part concernant les fausses déclarations sur les diplômes ou les qualifications professionnelles obtenues a augmenté de 4 à 8% entre 2017 et 2018, note Michael Platen, fondateur et CEO d’Aequivalent SA, sans pouvoir expliquer cette hausse. Et cela ne concerne pas que les diplômes universitaires, mais aussi les CFC.» Sur les CV contrôlés, 58% des expériences professionnelles indiquées sont incomplètes, inexactes ou le candidat refuse la vérification (titre de poste, dates de l’emploi, taux d’occupation ou type de contrat). Et 28% des formations annoncées s’avèrent être en cours, achevées sans diplôme, ou d’un niveau moins élevé que celui prétendu. Trente-sept pour cent des personnes dont le profil a été vérifié partagent des contenus considérés comme potentiellement problématiques sur l’internet. Par exemple, des incohérences avec le CV, la divulgation d’informations confidentielles, des propos racistes ou homophobes, des références répétitives à la violence, la nudité, l’alcool ou les drogues, ou encore une présence négative dans les différents médias.

Suisses pas plus honnêtes
Globalement, les dossiers des candidats masculins, des jeunes et des employés externes à l’entreprise s’avèrent moins conformes que ceux des femmes, des moins jeunes et des candidats travaillant dans l’entreprise via une société externe (sous-traitance). «Les employés suisses ne sont pas plus honnêtes que les autres», remarque aussi Michael Platen. Les dossiers de 8% d’entre eux contiennent de fausses déclarations. Ce taux est comparable à ceux des Français, il est inférieur à ceux des Anglo- Saxons, mais supérieur à ceux des Germaniques, ces derniers se montrant les meilleurs élèves du classement établi dans cette enquête. Des différences sont-elles notées entre Romands et Alémaniques? Michael Platen ne sait pas le dire.

Fabrice Breithaupt