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L’OIT craint que les difficultés que les jeunes rencontraient sur le marché du travail déjà avant le début de la pandémie ne soient accentuées par les conséquences de la crise sanitaire.
Le Covid-19 perturbe le travail et l’éducation des jeunes dans le monde
24.08.2020 | 11:48
Temps de travail réduits, licenciements, formations interrompues, l’OIT s’inquiète pour l’avenir de la «génération confinement».

L a pandémie de coronavirus a bouleversé l’activité des entreprises etl’économie mondiale. Dans ce contexte, les personnes déjà en emploi s’inquiètent légitimement pour leur poste et leur salaire. Elles ne sont pas les seules. Les jeunes qui viennent d’achever leurs études ou leur apprentissage sont préoccupés par leurs chances d’intégrer prochainement le marché du travail,tandis que ceux qui sont encore en formation s’interrogent sur leurs perspectives d’avenir.

Dans un rapport publié la semaine dernière, l’Organisation internationale du travail (OIT), basée à Genève, s’intéresse justement à la situationentermesd’emploi et de formation de ce que certains appellent la «génération confinement». Les résultats de l’enquête (réalisée en ligne entre avril et mai derniers auprès de 12’600 individus âgés de 18 à 29 ans et provenant de 112 pays) montrent que les impacts de la pandémie sur les jeunes sont «systématiques, profonds etdisproportionnés». Ils sont particulièrement sévères pour les plus jeunes, les jeunes femmes et les jeunes issus des pays pauvres, relève l’étude. Travail et revenus en berne Ainsi,17%des jeunes interrogésdéclarent avoir cessé de travailler depuis le début de la crise, soit parce qu’ils étaient en emploi mais qu’ils n’ont pas effectué d’heures de travail, soit parce qu’ils ont perdu leur poste. Les sondés œuvrant comme personnel de bureau,dans les services,la vente,l’industrie et l’artisanat sont les plus touchés. 37% des jeunes qui occupaient un emploi avantle début de la pandémie déclarent avoir subi une réduction, en moyenne, de 23% de leur temps de travail. Pour 42% des sondés, cela s’est traduit parunebaissede revenus.Ceuxqui travaillent dans le secteur privé sontplusnombreuxà avoir vuleurs horaires et leurs revenus diminuer que ceux occupés dans le secteur public. Comme bien des travailleurs plus âgés, les jeunes ont aussi massivement expérimenté le télétravail. Ils sont 72% à déclarer travailler depuis leur domicile, à temps plein ou partiel, depuis le début de la pandémie.

Formations dépréciées La pandémie n’a pas touché que les jeunes en emploi. Celles et ceux qui préparent leur vie active ont aussi été affectés. Parmi les sondés de l’enquête mondiale de l’OIT, 61% suivaient des études ou une formation lorsque la crise sanitaire a éclaté. Or, 73% d’entre eux ont été impactés par la fermeture des écoles, des centres de formation et des universités décidée par les autorités de leurs pays pour contrer la propagation du virus. 79% ont dû interrompre leurs études ou leur formation. 13% ont vu leur éducation et leur formation s’arrêter complètement, aucun cours ou formation ni aucun examen n’ayant été donné depuis le début de la crise sanitaire. Certes, les différents établissements scolairesoude formationont offertdes solutionsd’enseignement alternatives, comme les cours en ligne. Mais le passage de la salle de classe à la maison ne s’est pas toujours passé de manière satisfaisante, en particulier dans les pays pauvres. Les difficultés d’accès à internet, l’insuffisance des compétences digitales des enseignants ou des élèvespourdispenserousuivre des cours en ligne, le manque d’équipements informatiques à la maisonoud’espacepour enseigner ou étudier tranquillement, ou encore l’absence de contacts sociaux expliquent en partie pourquoi 65% des jeunes interrogés estiment avoir moins appris depuis le début de la pandémie.

Conséquence: 51% des étudiants pensent que leurs études seront retardées et 9% pensent qu’elles risquent d’échouer. Mal-être psychique Le contexte global affecte aussi psychiquement les jeunes. Dans son rapport, l’OIT constate que 38% d’entre eux expriment des incertitudes et 16% des craintes sur leurs perspectives de carrière. 50% sont potentiellement sujets à l’anxiété ou à la dépression, alors que 17% en souffrent probablement.